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logo-progresL’entreprise textile espaviote a quinze jours pour trouver un repreneur. Les soixante-six salariés veulent, malgré tout, rester confiants quant à l’avenir du site de Séjalat : « Notre vigilance et notre détermination sont aussi grandes que notre confiance en l’avenir ».

Fondée en 1864, Fontanille est aujourd’hui dans l’une des situations les plus critiques de son histoire. Placée en liquidation judiciaire, hier, par le tribunal de commerce du Puy-en-Velay, l’entreprise textile, spécialisée dans la production de haut de bas (nylon ou soie), a désormais quinze jours pour que les offres de reprises se fassent connaître et la sauvent.

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Un coup dur pour les salariés qui ne se faisaient guère d’illusions quant à l’issue de l’audience, mais qui n’ont pas laissé planer le moindre doute quant à leurs ambitions : se battre pour maintenir le site et ses 66 emplois.

L’optimisme était de mise le 8 avril 2011, lorsque le tribunal de commerce levait le redressement judiciaire de l’entreprise, qui durait depuis un an et demi, et autorisait le plan de continuation proposé par François Renault, président du conseil d’administration. Celui-ci prévoyait, notamment, le gel des salaires pendant un an. À l’époque, il espérait que l’entreprise « puisse rembourser 80 % de sa dette en dix ans » grâce à ce plan soutenu par les salariés. Hier, François Renault a dû s’avouer vaincu : « J’ai consacré tout mon temps et toute mon énergie à la mission de redressement que je m’étais fixée. Il faut toutefois se rendre à l’évidence. Dans les conditions actuelles du marché, et compte tenu du périmètre des activités industrielles de l’entreprise, son exploitation n’est pas économiquement viable. »

Il poursuit : « Sans rentabilité économique, il n’est possible, ni de faire face aux obligations de remboursement de la dette, ni d’envisager le renouvellement progressif d’un outil de production qui vieillit et qui deviendra rapidement obsolète. Malgré tous les regrets que je peux ressentir après avoir consacré 25 ans de ma carrière professionnelle à l’industrie textile, tout effort supplémentaire me semblerait ressortir plus de l’acharnement thérapeutique que d’un sain raisonnement économique ».

Du côté des syndicats, on reconnaît que le plan de continuation était « un pari à l’époque ». Selon Christian Fouillit (CGT) et Paulo Terroso (CFDT), « ce plan avait deux problèmes : des dettes trop importantes et une absence de recapitalisation de la société qui n’a pas permis de faire des investissements ». Mais pour eux, pas question de parler de fermeture : « On va se battre pour qu’une solution industrielle qui garantit l’emploi soit trouvée. On sait que cette entreprise a de l’avenir, nous avons un réel savoir-faire reconnu internationalement et des outils performants ». Seule entreprise industrielle restante de l’industrie dentellière au Puy-en-Velay, Fontanille est dans une situation délicate, mais les salariés et syndicats se veulent confiants : « On a toujours trouvé une solution pour sauver Fontanille. Une solution a été trouvée pour les Lejaby à Yssingeaux, ça sert de se battre pour sauvegarder les emplois ! On ne laissera pas mourir Fontanille ». Un liquidateur judiciaire et un administrateur judiciaire ont été nommés pour deux mois, avec une poursuite de l’activité permettant d’honorer le carnet de commandes qui s’élève, aujourd’hui, à 1,5 million d’euros.

Le 21 septembre, le tribunal de commerce étudiera les offres de reprises qui seront connues à ce jour, tandis que les créanciers auront un mois pour donner leur avis.

Article de Fred Sauron paru dans Le Progrès
Edition en ligne du vendredi 7 septembre 2012
Crédit photo : Fred Sauron

Tag(s) : #SOCIAL

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