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C'était la rentrée syndicale ce mardi matin avec un rassemblement national contre le projet de loi sur les retraites du gouvernement Ayrault. Au Puy, la mobilisation a dépassé les attentes des syndicats avec environ 1 500 manifestants.

L'appel à la manifestation avait été lancé par l'intersyndicale de Haute-Loire (CGT, FO, FSU, Solidaires) ce mardi matin avec un rassemblement à 10h30 Place Cadelade. Le cortège a ensuite remonté l'avenue du Breuil avant de redescendre par la rue Panessac, un crochet devant la mairie du Puy pour finalement s'arrêter devant les grilles de la Préfecture.

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C'est là que les représentants syndicaux ont pris la parole pour dénoncer un projet de loi qui décide "une fois de plus, de faire payer la note aux salariés". Après les diverses prises de parole, une délégation des responsables syndicaux a été reçue en Préfecture. Ils espèrent ainsi faire pression sur le gouvernement à l'approche du débat parlementaire, prévu début octobre.

Alain Eyrault, le secrétaire départemental de la CGT de Haute-Loire, revient sur les principaux point de contestation de ce projet de loi. Ecouter. 

Entre 1 200 et 1 800 manifestants

La mobilisation au Puy a été plutôt surprenante pour une rentrée. Même les responsables syndicaux nous confiaient leur "agréable surprise" et estimaient le nombre de manifestants à environ 1 800. Du côté des services de l'Etat, comme à l'accoutumée, l'estimation était inférieure, de l'ordre de 1 200 manifestants. Selon le secrétaire départemental de la CGT de Haute-Loire, "74 % de la population a compris la nuisance de cette loi et est opposé à ce nouveau recul".

Même son de cloche chez Pascal Samouth, secrétaire départemental de Force Ouvrière qui déplore : "après Messieurs Balladur en 1993, Raffarin en 2003 et Fillon en 2010, le gouvernement, qu'il soit de droite comme de gauche, continue, prolonge et aggrave les attaques contre nos droits. Et le privé comme le public sont touchés, de la même manière, contrairement à ce que l'on veut nous faire croire".

Public et privé dans la rue

En écho à ses propos, on peut effectivement constater que la mobilisation ponote a rassemblé les secteurs publics et privés, avec notamment des employés du secteur de la santé, de l'éducation tout comme des salariés de Michelin, de Guérin Plastiques ou encore des Papeteries d'Espaly. Pour eux aussi, cette réforme "va nous imposer de travailler plus longtemps alors qu'un million de chômeurs en plus, c'est cinq milliards de moins dans les caisses de retraite".

Les syndicats affirment également qu'en confirmant l'allongement de la durée de cotisation à 43 ans, "les conditions des droits à la retraite en France seraient les plus drastiques d'Europe". Avec un âge moyen pour un premier emploi de 23 ans en France, cette réforme conduirait à un départ en retraite à 66 ans en moyenne. Pour les femmes, il faudrait facilement ajouter un ou deux ans.



Désaccord sur "les efforts partagés"

L'un des points essentiels de désaccord entre la rue et le gouvernement repose sur "les efforts partagés" réclamés par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Selon l'intersyndicale, "les exonérations de cotisation dont bénéficient déjà les patrons s'élèvent à 32 milliards par an. De quoi largement payer le maintien et même l'amélioration de nos droits à la retraite ! Surtout que dans le même temps, le gouvernement n'a donné aucun coup de pouce au SMIC et il continue de geler le point d'indice des fonctionnaires".

Selon les calculs des syndicats, les efforts ne sont donc pas équitablement répartis puisque la contribution des salariés et des chômeurs s'élèverait à 26,5 milliards d'euros en 2020 alors que celle des hauts revenus et des entreprises serait de 3,7 milliards d'euros... Ainsi, fort satisfaite de la mobilisation altiligérienne de ce mardi 10 septembre, l'intersyndicale assure que cette manifestation n'était qu'un début et que d'autres devraient rapidement venir si le gouvernement ne revoit pas sa copie.

Article de Maxime Pitavy paru sur Zoomdici
Edition en ligne du 10/09/13

Tag(s) : #RETRAITES

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