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Le Tribunal de commerce a placé ce vendredi 14 juin l'entreprise de Monistrol-sur-Loire en redressement judiciaire. Si un repreneur s'est bien manifesté (lire), plus de 50 salariés sont toujours menacés en attendant le verdict du 12 juillet.

C'est le secrétaire du CE Frédéric Cluzel qui a pris la parole en premier à la sortie du tribunal : "La date butoire pour le dépôt des offres de reprise est le 28 juin, ce qui nous laisse quinze jours. Le dépôt des offres sera ensuite examiné par le Président du tribunal de comerce jusqu'au 12 juillet, date où on aura alors le verdict".

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Les 54 salariés du site monistrolien espèrent tous qu'un repreneur se présentera. L'hypothèse est plus que probable "mais surtout, on souhaite qu'il y ait le moins de casse sociale possible", ajoute Frédéric Cluzel. Alors que deux repreneurs étaient sur les rangs il y a quinze jours, il n'en reste aujourd'hui plus qu'un.

Un petit appétit à double tranchant

Le repreneur potentiel vient de Sarthe, il s'agit de la société BVS (Boulonnerie et Visserie de Sablé) mais cette dernière a a mis un certain nombre de conditions à la reprise, notamment que PSA et Renault lui garantissent un volume de travail. "Il n'a pas été très gourmand", observe Paul Lyonnet, délégué syndical de la société, "puisqu'aujourd'hui, on est à 600 000 euros de chiffre d'affaire et il a demandé des garanties pour 600 000 euros, alors qu'on est capables de travailler à 900 000 euros et on est même montés jusqu'à un million d'euros de chiffre d'affaire dans les années fastes".

Ce faible appétit est à double tranchant : s'il devrait faciliter l'approbation des deux principaux donneurs d'ordre de la sous traitance du secteur automobile, il laisse planer des doutes sur les effectifs conservés dans ces conditions : "avec les garanties demandées, à hauteur des deux tiers de nos capacités, on peut légitimement craindre la perte d'un tiers des salariés", analyse Paul Lyonnet.

La prudence reste de mise

Preciturn est une boîte historique en Haute-Loire, elle a été fondée environ en 1890 et elle a été la plus grosse entreprise de Monistrol, accueillant jusqu'à 320 employés. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 54, "ça fait un peu mal au coeur de voir disparaître un fleuron de l'industrie monistrolienne", témoigne le délégué syndical de la société. Car même avec l'annonce d'un repreneur, il demeure toujours des incertitudes.

"Prenez l'exemple de Petroplus", explique Paul Lyonnet, "six repreneurs potentiels s'étaient positionnés puis il n'en est resté qu'un et finalement il s'est retiré. Il faut rester prudent, même si on garde espoir car tous les échos que l'on a jusqu'à présent vont dans le même sens, vers une issue positive". En effet, conciliation avec le ministère du redressement productif a bien eu lieu mais depuis, l'opacité prévaut, "on nous dit juste que c'est positif mais on ne sait pas ce que ça veut dire. Ils nous donnent beaucoup d'espoir, j'espère juste qu'on ne sera pas déçus maintenant".

"Ils ont gardé les parties juteuses et à Monistrol, ils nous ont donné la merde ! "

Pour les salariés, si Preciturn est aujourd'hui dans cette situation, ce n'est pas un hasard. Paul Lyonnet tempête : "Petit à petit, on a spécialisé l'entreprise sur de la grande série pour l'automobile alors qu'on avait une gamme bien plus étoffée auparavant. Ils nous disaient toujours qu'à Monistrol, on perdait de l'argent mais vous savez, le marché de l'automobile, c'est un gros gâteau, avec des parties juteuses et d'autres moins.

Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Ils ont gardé les parties juteuses sur d'autres sites et à Monistrol, ils nous ont donné la merde ! Cette situation n'est pas arrivée du jour au lendemain, on nous y a amené sciemment et un beau jour, on nous a dit qu'on voulait plus de nous !".

 >> Les repreneurs potentiels ont donc jusuqu'au 28 juin pour déposer leurs offres, qui seront ensuite examinées par le Président du tribunal de comerce jusqu'au 12 juillet, date à laquelle Preciturn devrait être fixé sur son sort.

Article de Maxime Pitavy paru sur Zoomdici 14/06/13

Tag(s) : #SOCIAL

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