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logo-progresMonistrol-sur-Loire. Au chômage partiel depuis plus de cinq mois, les employés de l’usine de visserie ont envoyé une lettre à Arnaud Montebourg, Michel Sapin et Laurent Wauquiez pour qu’ils les aident à sauver leur entreprise.

Inquiets pour leur emploi, désabusés par leur ministre de tutelle, Arnaud Montebourg, remontés contre leur président, Mathieu Burthey, et contre leurs clients, PSA et Renault, les salariés de la visserie Preciturn sont au bord de la crise de nerfs.

Ce lundi, contre l’avis de leur direction, ils ont donné rendez-vous à la presse afin d’alerter « les politiques et les donneurs d’ordre » sur le sort qui les attend si rien n’est entrepris rapidement. Ils en appellent aux pouvoirs publics « seuls capables aujourd’hui de sauver Preciturn », selon eux.

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En octobre dernier, ils ont appris la perte d’un de leur client les plus importants, l’allemand Nedschroef, celui-là même qui, par ces nouvelles commandes, les avait sauvés de la liquidation judiciaire un an plus tôt.

Depuis, Preciturn perd de l’argent et accumule les dettes. Avec pour conséquence directe : entre trois et six jours par mois de chômage partiel pour les salariés. Surtout, l’entreprise est en train de dévisser et le tribunal de commerce du Puy-en-Velay serait sur le point d’être saisi du dossier.

80 % de son chiffre d’affaires provient des constructeurs automobiles Renault et PSA, eux-mêmes dans une situation économique délicate. Or, « quand l’automobile s’enrhume, c’est nous qui toussons », constate Paul Lyonnet, délégué syndical. Pire encore selon Frédéric Cluzel, secrétaire du CE (Comité d’établissement) : « Ils achètent à des sous-traitants étrangers des produits pas moins chers et pas meilleurs que les nôtres. L’État doit intervenir auprès d’eux pour qu’ils nous aident. »

Dans leur ligne de mire également, Mathieu Burthey, leur repreneur depuis 2007 (l’usine appartenait auparavant à la société LISI Automotive, NDLR).

Son curriculum vitae n’incite pas à l’optimisme. D’après leurs informations, sur les cinq dernières années, cet homme d’affaires aurait « fermé une quinzaine d’entreprises et mis au chômage un millier de salariés ».

Ils pointent également un manque de stratégie et d’innovations de sa part comme l’indique la trésorière du CE : « Depuis qu’il est là, aucune pièce nouvelle n’est sortie de l’usine en grande série. C’est bien ça le premier de tous les problèmes. »

Lors de la réunion de ce lundi, les salariés ne se sont d’ailleurs pas privés d’interpeller leur directeur, Fabrice Brault, au sujet de celui que certains appellent « le mercenaire ». « Où est Monsieur Burthey ? », demande l’un d’eux. « Il est en vacances pendant une semaine », répond le directeur quelque peu gêné. Les salariés rient jaune…

Article de Julien Wagner paru dans Le Progrès
Edition en ligne du lundi 11 mars 2013

Tag(s) : #SOCIAL

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