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logo-zoomdiciCe jeudi 22 août, au centre de distribution du courrier de Langeac, une postière de 47 ans a mis fin à ses jours sur son lieu de travail. Plus tôt cette année, le 15 février, une jeune femme de 21 ans employée à La Poste de Monistrol-sur-Loire s'était également donnée la mort. 

"Tous les postiers sont touchés"

Peut-être était-elle fatiguée, à bout, "épuisée physiquement et psychiquement", comme l'estime Pascale Falcon, secrétaire départementale de la section CGT de Haute-Loire. Peut-être que cela n'avait rien à voir avec sa situation professionnelle et qu'elle avait perdu l'envie de vivre. Ce jeudi 22 août, personne ne sait vraiment ce que pensait cette postière de 47 ans du bureau de Poste de Langeac lorsqu'elle s'est donnée la mort. "Tous les postiers sont touchés, c'est très compliqué. Il y a une famille, il y a un enfant, c'est une collègue… C'est très éprouvant, nous sommes tous très touchés", nous a confié la direction, encore sous le choc. Il était trop tard quand l'un de ses collègues l'a retrouvée, sans vie. 

 

Une employée fébrile

"Sa fragilité particulière avait été détectée par son encadrement", ajoute Pascale Falcon, avant de préciser que cette mère de 47 ans avait été "prise en charge par le service social de la Poste". Elle était "estimée, entourée et épaulée par sa directrice d’établissement et par ses collègues de travail". C'est pourtant dans ce même établissement qu'elle a décidé de se donner la mort, "un signe dont l’interprétation doit obligatoirement dépasser l’analyse d’une situation particulière", estime la secrétaire départementale de la CGT. La peur de ne plus y arriver ? Une charge de travail trop importante ? La direction, consciente de l'état de leur employée, lui avait pourtant allégé la tâche. Ca n'a pas suffit. 

Le deuxième cas dans le département, en six mois

"La crainte de ne pas pouvoir assurer la charge de travail qui lui avait été confiée", écrivions-nous dans nos colonnes : c'était la raison qui avait poussé une jeune employée de la Poste de Monistrol-sur-Loire à se donner la mort à son domicile, le 15 février dernier. Libération avait d'ailleurs mené une enquête sur les conditions de travail de cette jeune femme. Le suicide de cette postière langeadoise est donc le deuxième en un peu plus de six mois en Haute-Loire. "Si chaque drame a une dimension personnelle incontestable, le lien avec le vécu professionnel à La Poste semble trop souvent prépondérant, voire essentiel", juge Pascale Falcon. Pointer du doigt la situation professionnelle de la victime et omettre d'autres facteurs éventuels semble, néanmoins, exagéré.

"Le management n'est pas remis en cause"

La priorité de la direction de La Poste est l'accompagnement de la famille, des collègues de la victime. "Ca a été très dur, nous sommes dans une démarche de condoléance, d'aide face à la douleur de son entourage." Le jour du décès, une cellule d'accompagnement psychologique a été mise en place pour les personnes qui étaient sur place tandis que les services sociaux ont pris en charge la famille. Le lendemain, vendredi 23 août, un Comité hygiène et sécurité au travail (CHST) extraordinaire s'est tenu et rien n'en est ressorti - "le management n'est absolument pas remis en cause", nous a confié la direction. Etant donné que le décès est survenu sur un lieu de travail, au centre de distribution du courrier de Langeac, la gendarmerie a ouvert une enquête, "c'est la procédure".

A.L.

Tag(s) : #SOCIAL

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