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logo-progresLa Stéphanoise Martine Chevalier n’est pas surprise par les résultats d’une étude choc conduite par des chercheurs français. Son nouveau combat porte sur les tournesols OGM échappant à la législation européenne.

martine-chevalier-ogm-42-photo-remy-perrin.jpgDepuis quand êtes-vous une faucheuse d’OGM ?

Cela fait au moins cinq ans que je suis faucheuse. Je fais partie du collectif Zérogm42. Le 2 septembre, nous avons fauché neuf parcelles de tournesol OGM dans l’Isère et la Drôme. Ensuite, nous sommes allés nous dénoncer à la gendarmerie, comme nous le faisons à chaque fois. Il n’est pas question d’agir dans l’anonymat. Mais il n’est pas normal qu’on soit obligé de désobéir pour apporter ces questions sur la table.

Que vous inspire la publication de cette étude sur la dangerosité du maïs NK 603 ?

Cela donne du poids à notre action. On avait raison de mener ce combat. J’ai plein de copains qui ont écopé de peines de prison avec sursis et ont dû payer des amendes énormes, jusqu’à 250 000 euros. Nous sommes aussi dans l’attente d’une décision du tribunal de Colmar (Haut-Rhin).

C’est l’étude que personne ne voulait faire, mais les résultats ne nous surprennent pas. La grosse découverte, c’est que c’est la modification génétique qui est dangereuse, le rôle des herbicides est aggravant, mais pas déterminant.

Aujourd’hui, quelle est votre revendication ?

On demande l’interdiction pure et simple des OGM pesticides. Il faut remettre en cause toutes les procédures de validation de ces produits sur le marché. Il faudra aussi que l’Agence sanitaire française nous dise pourquoi ses scientifiques n’ont pas été plus curieux.

Allez-vous poursuivre le combat ?

Oui, ce n’est pas fini. Parmi les OGM mutés, il se trouve encore deux variétés de tournesol résistantes aux herbicides qui poussent sur le territoire français, et même en Rhône-Alpes. Ce sont les petits frères du fameux maïs, mais en plus perfides. En effet, par un tour de passe-passe inexpliqué, ces tournesols n’entrent pas dans la législation européenne, alors qu’ils posent les mêmes problèmes que le maïs. Ils ne sont pas soumis à autorisation et ne subissent aucun contrôle.

Avez-vous d’autres craintes ?

On ne peut pas choisir de ne pas consommer d’OGM car ils sont partout. Nous regrettons cette carence d’étiquetage.

Il faut savoir qu’en Europe, nous importons des farines fabriquées à partir de ces maïs ou soja pour nourrir les animaux. De la volaille au bœuf, ils sont tous contaminés. Mais les produits dérivés, comme le lait ou les œufs, aussi. C’est un énorme scandale sanitaire. Un de plus.

Article de Yvette Granger paru dans Le Progrès
Edition en ligne du vendredi 21 septembre 2012
Crédit photo : Rémy Perrin

Tag(s) : #ECOLOGIE

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