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logo-zoomdici80 % des retraités altiligériens vivent en dessous du seuil de pauvreté et leur pouvoir d'achat est en berne. Ajoutez à celà les déserts médicaux et les problèmes liés à la perte d'autonomie : c'en est trop pour les seniors qui manifesteront au Puy ce jeudi.

Ce jeudi 11 octobre, une journée nationale et même européenne est organisée pour la défense des retraités, qui se jugent régulièrement stigmatisés. En local aussi, des actions seront déclinés et un rassemblement est prévu à 10h devant la préfecture du Puy-en-Velay.

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Dans la foulée, une délégation devrait être reçue par les services de l'Etat. Si l'appel au rassemblement est prioritairement adressé par l'intersyndicale aux retraités, il a une résonnance bien plus large car "les problèmes qui se posent aujourd'hui aux retraités se présenteront par décalage demain aux générations futures", explique André Thomas, de l'intersyndicale des retraités.

Un pouvoir d'achat en berne

En premier lieu des revendications du troisième âge : le pouvoir d'achat. Sur les 16 millions de retraités, 10% ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté. Et le niveau de vie de tous les retraités a, au mieux, stagné depuis 2003 et a même baissé fortement pour les plus basses pensions suite à l’augmentation importante des dépenses contraintes (énergie, alimentation, assurances...).

André Thomas rappelle que la Haute-Loire se situe bien en dessous de la moyenne nationale des retraites et que près de 80 % des retraités altiligériens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un phénomène lié à la ruralité du département

Des dépassements d'honoraires allant jusqu'à 150 %

On retrouve ensuite dans les revendications des seniors l'accès aux soins car "de plus en plus de retraités refusent de se soigner car ils n'en ont pas les moyens", témoigne-t-il. En corrollaire du phénomène, apparaissent les problèmes de déremboursement des médicaments et de l'envol des prix des soins dentaires ou de vue.

Enfin, les médecins profiteraient des 'déserts médicaux' pour légitimer les dépassements d'honoraires. "C'est inacceptable", s'insurge André Thomas, "on a sur certaines spécialités des dépassements allant jusqu'à 150 % et dans certains secteurs, il est impossible de se faire soigner sans accepter ces dépassements d'honoraires".

Une vieille ficelle

Il y a pourtant une partie de la population, notamment les jeunes, qui pourrait se dire : pourquoi aller défendre vos retraites alors que nous n'en bénéficierons pas nous-mêmes ? "C'est un discours alarmant", pour le sénior, "on pousse les jeunes de plus en plus à l'individualisme, je trouve ça très préoccupant. On cherche toujours à diviser les gens, c'est une vieille ficelle. On oppose les générations entre elles, les religions entre elles, les citadins aux ruraux, les commerçants aux fonctionnaires, etc...".

Il ne faut donc pas se tromper de cible et les retraités ne se considèrent pas comme des privilégiés. Ils soulignent : "les 10 % les plus riches détiennent près de 50 % du patrimoine de l'ensemble des ménages. Les millions de retraités ne font pas partie de ces 10 %". Rappelons par ailleurs qu'ils peuvent participer à l'amortissement de la crise en assumant la prise en charge d'enfants demandeurs d'emploi ou de parents âgés.

Un fort poids électoral, démographique et économique

Les retraités ont donc le sentiment de ne pas être écouté par les pouvoirs publics. Pourtant, ils représentent un vrai poids électoral, démographique et économique. En Haute-Loire, près d'un tiers de la population est retraitée, "ce qui induit de nombreux emplois en prestations médicales comme les aides à domicile par exemple, mais aussi dans leurs actes de consommation...".

Enfin, n'oublions pas que les retraités rendent d'importants services à la société grâce à leur forte implication dans le monde associatif. "En Haute-Loire comme dans le reste de la France, 90 à 95 % des associations sont présidées par des retraités. Il faut bien comprendre que le monde associatif soulage le budget de la nation", conclut André Thomas.

Article de Maxime Pitavyparu sur Zoomdici
Edition en ligne du mercredi 10 octobre 2012

Tag(s) : #SOCIAL

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