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logo-la-montagneEn Haute-Loire, les sept conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation suivent chacun environ 140 personnes en prison ou sous contrôle judiciaire.

De par leur statut d'agents de l'administration pénitentiaire, les conseillers pénitentiaires d'insertion et de probation (CPIP) n'ont pas le droit de grève et sont soumis au devoir de réserve. C'est donc la CGT qui monte au créneau pour dénoncer un « sous-effectif chronique » dans ce service.

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Actuellement au nombre de sept, pour neuf postes prévus, les travailleurs sociaux de Haute-Loire souffrent depuis plus d'un an du manque de recrutements. Ceci se traduit tout naturellement par un nombre de dossiers à suivre trop important.

Actuellement près de 140 personnes à suivre par agent, bientôt 150

« Les travailleurs sociaux du SPIP de Haute-Loire prennent en charge environ 140 personnes, même pour un agent à temps partiel. Le départ de deux agents va se répercuter sur les personnels restant. Environ 150 personnes doivent en plus être réaffectées sur l'ensemble des travailleurs sociaux », relève la CGT dans un communiqué.

Un tri est fait dans les urgences

Cette situation n'est pas propre à la Haute-Loire. Mais le problème y est ici d'autant plus aigu qu'il dure depuis longtemps. « On nous promet que ça va s'arranger, mais on ne recrute que des contractuels. Chaque année, on nous promet des postes, qui n'arrivent jamais », déplore Halima Damine, secrétaire régionale de la CGT pénitentiaire. « Le sous-effectif est chronique, mais le travail doit être fait, continuité du service public oblige. »

Mais un glissement s'effectue petit à petit, par le biais d'une hiérarchisation des urgences. « On nous demande de ne suivre que les personnes qu'on estime les plus dangereuses », souffle la représentante CGT.

« Face à cette pénurie, l'Administration pénitentiaire a recours à des recrutements sporadiques de contractuels pour des durées très courtes […]. Compte tenu de la carence des ressources humaines, ces recrutements ponctuels, dépourvus de toute lisibilité sur les terrains, ne sont qu'un pansement sur une jambe de bois. »

« Pansement sur une jambe de bois »

Dans l'une de ses allocutions, cet été, Christian Taubira, ministre de la Justice, avait déclaré « inacceptable » le fait qu'un conseiller pénitentiaire d'insertion et de probation puisse assurer le suivi de 130 dossiers.

Au niveau national, en 2013, seuls 46 postes seront ouverts au concours. « C'est dérisoire », s'indigne Halima Damine.

Article de Jean-Baptiste Ledys paru dans La Montagne
Edition en ligne du mercredi 31 octobre 2012
Crédit photo : Bertrand Yvernault

Tag(s) : #SECURITAIRE

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