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logo-progresHébergement d’urgence : des associations montent au créneau

Plusieurs associations se sont réunies pour interpeller le préfet sur le manque de places en hébergement d’urgence dans le département. Leur demande d’audience est toujours sans réponse.

« L’hébergement d’urgence est écrit dans les textes. Mais la loi n’est pas respectée ! » Les associations altiligériennes sont remontées sur ce « mal-logement ». Réunies en collectif, plusieurs ont écrit au préfet mi-juin pour réclamer une audience afin de tirer la sonnette d’alarme contre la question de l’hébergement d’urgence. Une lettre pour l’instant restée sans réponse.

hebergement-urgence-haute-loire-sophie-albanesi.jpg

« Il y a deux problèmes majeurs. D’abord la saturation du système, explique Christine Chevalier, de Réseau éducation sans frontières (RESF). Le plan d’hébergement n’est pas suffisant en Haute-Loire par rapport à la demande. Ensuite, le coût du dispositif. Par manque de places, on loge des familles à l’hôtel et c’est le contribuable qui paye ».

En Haute-Loire, six familles vivraient actuellement à l’hôtel dans des conditions extrêmement difficiles. « Il y a jusqu’à sept personnes dans une seule chambre. Cela peut durer plusieurs mois avec une absence totale d’intimité. C’est destructeur pour toute la famille », raconte Élisabeth Herlet qui rencontre les familles pour RESF. Avant d’ajouter : « Il y a également des difficultés pour l’alimentation. Comment cuisiner dans une chambre d’hôtel ? Les parents sont contents que les enfants aillent à la cantine. Mais dans une semaine, l’école est finie et il faudra passer des journées complètes à sept dans une chambre ». Face à ces problématiques, les associations ne réclament « pas de la charité, mais du droit ». En Haute-Loire, la loi ne serait pas respectée sur deux plans : le nombre de nuitées en hébergement d’urgence est limité, et certaines catégories de population ne sont pas prises en charge par le 115.

Les bénévoles ont déjà pensé à plusieurs pistes de réflexions : « Il y a un parc de logements énorme au Puy-en-Velay et des bâtiments sous occupés. Ce serait une solution bien moins onéreuse et bien plus confortable pour les familles », lance une autre bénévole. Le coût du dispositif freine aussi les autres missions des associations. « Les budgets sont bouffés par l’hébergement. Du coup, il y a moins de suivi éducatif et moins de travail sur l’insertion », précise Isabelle Fichet de RESF.

Malgré le silence de la préfecture, les associations ne veulent pas baisser les bras et envisageront, s’il le faut, une action en justice.

Article de Sophie Albanesi paru dans Le Progrès
Edition en ligne du vendredi 29 juin 2012
Crédit photo : Sophie Albanesi


 

lettre-prefet-haute-loire-hebergement-urgence.jpgLa lettre adressée au prefet par : ACAT 43, Cimade 43, CNAPUS 43, Coordination Nationale des Professionnels de l’Urgence Sociale, Emmaüs 43, LDH 43, Réseau Education Sans Frontières 43, Secours Catholique 43, Secours populaire 43 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Tag(s) : #LOGEMENT

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