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logo-progresEspaly-Saint-Marcel. Hier matin, les 46 salariés de la Scop voulaient marquer cette journée d’une pierre blanche. Tous étaient présents pour relancer les machines. L’aventure Fontanille Scop peut commencer.

Il est à peine 5 heures, sur les hauteurs d’Espaly-Saint-Marcel. Sous un froid glacial et une petite pellicule de neige, les salariés de Fontanille Scop arrivent par petits groupes, les yeux encore un peu ensommeillés. C’est qu’ils ont presque « perdu l’habitude de se lever à 4 heures… »

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Néanmoins, ils sont tous au rendez-vous. Les 46 repreneurs de la société, qui avait été placée en liquidation judiciaire fin septembre, et qui se sont battus durant des semaines pour avoir le droit de la reprendre sous forme de Scop, n’auraient manqué pour rien au monde « la renaissance du lieu », comme ils le disent si bien. Ce lundi 3 décembre était un grand jour pour eux. Après un mois d’arrêt des machines, alors que la semaine dernière a permis de régler l’administratif, les inventaires, etc., c’est ensemble qu’ils ont, à nouveau, fait « vrombir » les moteurs des métiers.

« C’est un moment exceptionnel. Nous allons appuyer sur les boutons des machines. C’est une nouvelle aventure qui commence », commente, sourire aux lèvres, Rolland Arnaud, le nouveau dirigeant de la Scop.

Désormais, plus que des paroles, ce sont des actes que tout le monde attend, alors que les deux métiers « Rachel » chauffent, à quelques mètres de là, avant de se mettre au travail. « Nous avons un prévisionnel de chiffre d’affaires de 4 530 000 euros, soit 100 000 euros par salarié. Nous devons être dans le résultat afin de pérenniser l’entreprise et nos clients. Le but est aussi de travailler en synergie avec les entreprises de Haute-Loire et du bassin stéphanois. »

Surtout, il faut approvisionner les clients. « Aucun ne nous a abandonnés. Certains attendaient la création officielle de la Scop pour se manifester. Ils vont revenir. Dans l’immédiat, nous devons nous mobiliser sur des productions très urgentes, pour l’étranger. » Les horaires de travail ont été réorganisés et pour les débuts, ils vont travailler quasiment deux semaines non-stop (travail en 3*8 à la production, en 2*8 à la finition et aux 35 heures pour les administratifs). « Le redémarrage doit être intense. C’est maintenant que tout se joue. On a des délais à respecter. » Au fil des minutes, chacun retrouve son poste, ses automatismes avec une fierté non dissimulée. Même si certaines machines vont rester à l’arrêt encore une bonne quinzaine de jours. « Il nous manque de la matière vivante pour les mettre toutes en marche. Il faut être patient. » Qu’importe, les salariés sont polyvalents et surtout, ils sont soudés. « D’avoir été ensemble pendant une semaine lors de l’occupation du site, nous a forcément rapproché. L’ambiance n’est plus la même. On a pu rencontrer des gars qu’on ne voyait jamais. Et ça, c’est chouette. Alors oui, il y a quelque chose de différent aujourd’hui ! », souligne l’un des salariés.

Il est 6 heures. Les choses sérieuses ont débuté. Seul le bruit des machines semble désormais important…

Article de Karine Wierzba paru dans Le Progrès
Edition en ligne du mardi 4 décembre 2012

Tag(s) : #SOCIAL

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