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GA-membre-FDGLe projet de loi sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du 11 mars.

La Gauche anticapitaliste considère que l'on ne peut se contenter des avancées très partielles (comme la remise en chantier de la formation des enseignants détruite par Sarkozy, ou le freinage de la diminution des postes).

Les études, que Peillon prétend pourtant avoir pris en compte, convergent pour décrire un système éducatif en crise profonde. Même si ces études sont parfois critiquables, elles ont le mérite d'interroger le système en place : force est de constater qu'elles décrivent un système où les catégories en difficulté le sont de plus en plus.

Car le coeur de la question est là : la loi Peillon s'inscrit dans la suite des politiques néo-libérales avec leur cortège d'accroissement des inégalités, et de marchandisation généralisée. Dès lors tout ou presque est dit. La refondation socialiste de l'école, selon Peillon, c'est l'adaptation au monde tel qu'il va et donc la continuité des politiques des gouvernements précédents.

Phototheque-Rouge-JMB-Ecole.jpg

Même dans ce qui est présenté comme le centre de l’ « innovation », le tout numérique, il n’est pris aucune distance, ni introduit aucune réflexion didactique et épistémologique sur les usages, les intérêts et les dérives.

Il y a pire que le maintien des options fondamentales passées, l'innovation sur-vendue et mal maîtrisée. C'est une nouvelle étape de décentralisation ouverte à tous les vents et à toutes les pressions patronales (et d’abord pour la formation professionnelle et l'orientation). Sous des modalités propres, on retrouve là, non « la question des rythmes » proprement dite - qui supposerait effectivement une discussion -, mais le projet précis en cours visant les écoles élémentaires, aggravant les conditions de travail, faisant peser une responsabilité inévitablement inégalitaire sur les municipalités, au détriment de l’intérêt des élèves et des familles. L'annonce précipitée de l'introduction de zones en été dans le calendrier scolaire participe de la même logique.

Tout ceci soulève à juste titre une mobilisation d’ampleur à laquelle seuls répondent mépris et insultes. Et pourtant, 90% des instits et professeurs des écoles ont fait grève à Paris le 22 janvier contre l'application de la réforme des rythmes scolaires au 1er septembre, faute de concertation et l'estimant prématurée. Sur le même sujet, 60% des personnels étaient en grève au niveau national le 12 février.

Comment s’étonner, dans ces conditions, que le gouvernement se garde bien de toucher à loi LRU instituant l'autonomie concurrentielle des universités, fleuron des approches libérales en la matière ?

Pour une école en crise, il faudrait une vraie refondation. En rejetant les vieilles lunes et les politiques qui ont justement produit la crise. En retrouvant le chemin d’une école commune, démocratique et émancipatrice. Non que ce chemin soit facile avec les nouveaux défis éducatifs qui se présentent et qu’il faut soumettre au débat des acteurs directement concernés et de toute la collectivité. Mais avec un choix progressiste indispensable.

La Gauche anticapitaliste, membre du Front de gauche, appelle à voter contre la loi Peillon et soutient les propositions et axes de réflexion proposées par le Front de gauche éducation.

Le 7 mars 2013.
Photothèque Rouge / JMB

Tag(s) : #EDUCATION

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