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GA-membre-FDGAprès l’examen en procédure accélérée du projet de loi ESR, l’assemblée nationale procède au vote ce mardi 28 mai. De V. Pécresse à G. Fioraso, la continuité est clairement affirmée. La soumission de la recherche aux marchés est confirmée sans fioritures. Pour l’enseignement, la transmission de savoirs critiques, de méthodes de pensée pour appréhender le monde laisse place à l’employabilité...

Ce projet de loi propose de modifier les missions de l'enseignement supérieur et de la recherche publics afin d'y inclure le transfert des résultats de la recherche, du public vers le privé. « Compétitivité » à l'appui, ce texte entend bien soumettre ce service public à l'exigence de rentabilité pour les entreprises. Au contraire de financements pérennes, cette logique contraint la recherche à se tourner vers le privé et privilégie les objectifs de court terme.

recherche-rouge-milo.jpgSans résoudre un seul instant l'asphyxie budgétaire qui menace les universités, cette loi est une nouvelle étape dans la régionalisation de l'ESR. La délégation de nouvelles responsabilités aux régions poussera les établissements à se faire concurrence et à aligner les formations sur les exigences du moment des entreprises locales, dans un contexte de recherche désespérée de financements. Les regroupements d'université continueront, avec le risque de fermetures de filières et, à l'horizon, celui de la disparition de l'université de proximité. En outre, les « communautés d'universités » qui naîtront de cette loi associeront établissements publics et privés, avec le risque que ces derniers puissent délivrer des diplômes.

Afin de pouvoir mettre en place ces réformes, les restructurations successives de l'enseignement supérieur et de la recherche se sont accompagnées de réduction des aspects démocratiques. La multiplication ces dernières années de structures opaques, non-élues et sans concertation avec les personnels et les étudiants est entérinée par cette loi, avec des corrections marginales.

Malgré des annonces, rien de solide n'est proposé pour réformer la pédagogie, améliorer les conditions d'études et assurer une égalité de tous les étudiants devant l'enseignement, quel que soit leur origine et leur établissement. Rien non plus n'est fait pour mettre fin au scandale qu'est le maintien dans la précarité de 50 000 salariés de l'ESR, sans lesquels pourtant rien ne fonctionnerait !

La Gauche anticapitaliste refuse cette loi inacceptable et exige une véritable rupture.

L’université, personnels et étudiants s’étaient élevés en 2007, puis dans le grand mouvement de 2009 contre la loi LRU. Depuis, les conditions de travail et d’étude se sont considérablement dégradées. La loi doit encore passer au Sénat avant son adoption. La mobilisation doit arrêter ce massacre du service public. C’est un enjeu majeur qui fait partie du combat du Front de gauche contre l’austérité.

Le 28 mai 2013

Tag(s) : #EDUCATION

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