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logo-progresL’association des accidentés de la vie (FNATH) tente d’apporter soutien et conseils juridiques dans des conditions sommaires.

C’est peu dire que le travail des bénévoles et salariés de l’association des accidentés de la vie n’est pas superflu. D’après Jean Bardy, conseiller juridique pendant trente ans à la FNATH, « en Haute-Loire, le nombre d’accidents du travail par actif est le plus élevé de France et c’est également là où ils sont les plus graves. Et encore, il y a sous-déclaration en ce domaine. » Paradoxe, « c’est aussi le département où le taux d’adhésion à la FNATH est le plus faible », selon son successeur, Sophie Tourette. Qui occupe une fonction d’autant plus indispensable, qu’elle est l’unique conseillère juridique de la seule association du genre dans tout le département.

http://www.leprogres.fr/fr/images/6BC5C480-A04F-454D-91A6-5C4C3CE6319C/LPR_03/lors-d-une-permanence-a-yssingeaux-quatre-benevoles-et-sophie-tourette-denouent-les-problematiques.jpgCrédit photo : Julien Wagner

Pourtant, les moyens mis à sa disposition semblent bien maigres. « Les locaux du siège de l’association au Puy-en-Velay sont vétustes, sales et confinés dans une impasse ». Et ailleurs en Haute-Loire, les mairies octroient difficilement une heure dans une salle par-ci, ou une autre dans un local municipal par-là.

Ce vendredi 13 avril à la mairie d’Yssingeaux, ils sont cinq, dont quatre bénévoles, à participer à la permanence juridique, pour « écouter, comprendre et conseiller juridiquement ceux qui en ont besoin ».

Mme Moulin et son mari, agriculteurs et adhérents à la FNATH, sont venus pour des conseils. Un pouce gauche sectionné et des canaux carpiens en vrac, elle concède : « Si on ne les avait pas, on n’aurait rien à l’heure qu’il est. » Présente aussi, une dame venue pour son mari victime d’un accident en 2001. Elle souhaite garder l’anonymat par peur de représailles. L’employeur de son mari « l’a mis à l’écart depuis dix ans simplement parce qu’il a voulu faire reconnaître l’accident du travail ».

Malgré les difficultés, Mlle Tourette tente de faire contre mauvaise fortune bon cœur : « Ce travail me plaît. J’aime aider les gens. On n’a jamais la garantie de réussir mais au moins on essaie. » En conflit avec leur employeur, la Sécurité sociale ou la Caisse primaire d’assurance-maladie, les accidentés de la vie tentent de faire valoir leur droit, face aux complexités administratives ou aux mauvaises volontés.

En trente ans, M. Bardy en a vu des vertes et des pas mûres : « C’est parfois dur le soir de garder le moral. On côtoie la misère humaine dans toutes ses dimensions, matérielles comme morales. »

Article de Julien Wagner paru dans Le Progrès
Edition en ligne du lundi 21 mai 2012
Tag(s) : #SOCIAL

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